Gouvernance de l’information et Intelligence Artificielle : les 5 tendances à suivre de près
- Fabien Carré
- il y a 8 heures
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Le Groupe Serda - Archimag organisait le 11 juin 2026 la 6e édition de sa demi-journée dédiée à la gouvernance de l’information. L’événement, qui a rassemblé près de 200 participants, a ainsi été l’occasion de présenter les grands enseignements issus du dernier Rapport Serda Conseil sur la gouvernance de l’information numérique, des datas et de l’IA. En particulier, la keynote d’ouverture, qui a réuni Caroline Buscal, Directrice de Serda Conseil, et l’expert Philippe Nieuwbourg, a dévoilé 5 tendances qui régissent le marché aujourd’hui. Tour d’horizon.
Intitulée “Gouvernance de l’IA : sortir du “shadow AI” pour l’IA métier”, la keynote d’ouverture de la demi-journée Archimag a mis en lumière les défis et opportunités qui accompagnent l’essor de l’Intelligence Artificielle (IA) dans les organisations. Aux côtés de Philippe Nieuwbourg, Data Strategist & Data Governance Coach, Caroline Buscal, Directrice du cabinet Serda Conseil, est notamment revenue sur l’importance grandissante de cette technologie, qui soulève aujourd’hui des questions en termes d’appropriation par les métiers.
Preuve en est les résultats du Rapport sur la Gouvernance de l’information numérique, des Datas et de l’IA, publié en mars 2026 par Serda Conseil, dont certains ont été présentés par Caroline Buscal lors de cette session d’ouverture. Et alors que l’IA occupe une place toujours plus importante dans les organisations, l’avenir de la gouvernance de l’information semble plus que jamais lié à cette technologie, comme le démontrent 5 grandes tendances évoquées par les experts.
Tendance n° 1 : L'explosion des usages et le danger du "Shadow AI"
Le Rapport 2026 sur la gouvernance de l'information numérique met en évidence la progression fulgurante de l'adoption de l'IA, aujourd'hui utilisée par 64 % des collaborateurs, contre seulement 10 % en 2024. Pour autant, les pratiques s’opposent encore à un manque d’équipement et d’encadrement : 26 % des répondants n’ont pas de solution d’IA générative installée nativement sur leur poste de travail.
Conséquence : les outils “grand publics” (ChatGPT, Claude, Gemini, etc.) sont largement privilégiés, alors même que leur utilisation n’est absolument pas encadrée. Ce phénomène de "Shadow AI" engendre, sans surprise, un fort sentiment d'insécurité : 39 % des organisations considèrent cet usage non maîtrisé comme un risque de sécurité de premier plan, et près de la moitié y voient une véritable menace.
Tendance n° 2 : Repenser le pilotage de l’IA grâce à des chartes dédiées
Face à ces pratiques, le constat est sans appel : 67 % des organisations sont dépourvues de charte d’usage autour de l’IA (en particulier dans le secteur public). Par ailleurs, 38 % des répondants confient le pilotage de l'IA exclusivement à la Direction des Systèmes d'Information (DSI), ce qui en freine l'appropriation par les directions métiers. Et si la mise en place d’une charte peut sembler ambitieuse, il s’agit en réalité d’un projet simple à mener, comme en témoigne la démarche initiée par le Groupe Serda - Archimag en 2025.
“Le terme peut faire peur, mais la réalité est toute autre : notre charte fait une page et demi, rédigée de manière collective, ce qui est important. En parallèle de l’élaboration de la charte, des expérimentations ont été menées pour vérifier l’intérêt d’utiliser l’IA en fonction de nos métiers et de nos secteurs d’activité, et lorsqu’une pratique nous semblait intéressante, une règle était établie pour éviter, justement, de pratique l’IA sans avoir de cadre”, relate Caroline Buscal.
Tendance n° 3 : L'urgence d'une formation opérationnelle pour tous
Le Shadow AI apparaît également comme la conséquence d’un “besoin criant de formation”, comme le décrit Caroline Buscal. En effet, bien que l’IA touche désormais tous les niveaux de responsabilité, les plans de formation sont encore majoritairement réservés aux seuls comités de direction ou managers.
Pour que cette montée en compétences permette réellement de limiter les risques liés au "Shadow AI", elle doit avant tout tendre vers l’opérationnel, c'est-à-dire être axée sur la pratique plutôt que sur de grandes déclarations théoriques. En la matière, la démonstration s’impose comme la méthode la plus efficace ; par exemple, faire manipuler l'outil aux équipes pour leur prouver concrètement ce qu'il se passe lorsqu'elles copient-collent la documentation d'un client dans une intelligence artificielle publique comme ChatGPT.
Tendance n° 4 : Le défi environnemental et la sobriété numérique
Au-delà de l’encadrement des pratiques et de la formation, l’IA est également pointée du doigt pour son impact écologique. En effet, cette technologie est particulièrement gourmande, aussi bien en eau qu’en énergie. Or, encore trop souvent, l’IA est utilisée au quotidien pour des tâches particulièrement simples.
Pour allier IA et sobriété numérique, Caroline Buscal et Philippe Nieuwbourg recommandent avant tout d’accompagner les utilisateurs et de les former pour concevoir des requêtes (prompts) permettant d'obtenir des réponses précises sans générer des itérations inutiles et énergivores avec la machine. Le déploiement d'IA et de modèles de langage (LLM) internalisés propres aux organisations est également une piste pour mieux maîtriser cette empreinte carbone.
Tendance n° 5 : Vers une IA au service de l’humain
Malgré les risques qu’elle représente encore, l’IA est aussi source de nombreux bénéfices, sous réserve qu’elle fasse l’objet d’une gouvernance dédiée. Elle s’impose de fait comme un outil formidable pour automatiser les tâches chronophages et permettre aux employés de se recentrer sur le cœur de leur métier.
Dans les Ressources Humaines, par exemple, en confiant à un agent conversationnel le traitement des questions basiques (comme le solde de jours de congés), les équipes RH peuvent dégager du temps pour se consacrer à des missions à forte valeur ajoutée, comme la gestion des plans de compétences et l'accompagnement complexe des salariés. De quoi démontrer que la réussite de la transition vers l’IA repose avant tout sur notre capacité à encadrer collectivement ses usages pour la replacer durablement au service de l'humain.


