Comment intégrer l’IA dans sa gouvernance de l’information sans perdre le contrôle ?
En matière de gouvernance de l’information comme dans de nombreux domaines, l’Intelligence Artificielle (IA) ne cesse de se développer. Pourtant, bien qu’elle apporte des avantages indéniables, sa cohabitation avec la gouvernance de l’information nécessite un encadrement rigoureux. Comment procéder ? À quels usages répond-elle ? L’IA est-elle déjà une réalité au sein des organisations ? Toutes les réponses.
Archimag organisait le 11 juin 2026 la 6e édition de sa demi-journée dédiée à la gouvernance de l’information, qui a notamment réuni Caroline Buscal, Directrice de Serda Conseil, et Alexandre Bernard, Directeur Technique chez Kentika, à l’occasion de la table ronde “Gouvernance de l’information et intelligence artificielle : les meilleurs ennemis ?”.
Cette session a ainsi mis en exergue le paradoxe de l’IA au sein des organisations, illustré par les chiffres issus du dernier rapport Serda Conseil sur la gouvernance de l’information. En effet, comme l’a souligné Caroline Buscal, cette technologie en plein essor suscite à la fois une forte envie d'innover et une grande méfiance.
Le paradoxe de l'IA : un usage quotidien mais pas encore encadré
Perçue comme un formidable levier de transformation permettant d'automatiser, d'analyser et de valoriser les données, l’IA est, sans surprise, au centre de la gouvernance de l’information pour 52 % des organisations, alors qu’elles n’étaient que 10 % il y a deux ans. Pour autant, 54 % des structures y voient une forme de risque, notamment avec l'IA générative qui est devenue la 4ème préoccupation majeure en raison des risques sur la sécurité et de la perte potentielle de contrôle sur les données essentielles.
Un constat justifié au vu des chiffres du rapport Serda Conseil : alors que plus de 70 % des professionnels ont déjà recours à l’IA au quotidien, 67 % des organisations n’ont toujours pas structuré leurs règles d’usage. Une absence d’encadrement des pratiques particulièrement préoccupante, et qui pourrait représenter un véritable défi en 2026 selon Caroline Buscal : “Il s’agit d’arrêter d’opposer innovation et confiance, et de réussir à faire fonctionner les deux ensemble, en exploitant la puissance créative opérationnelle de l’IA, tout en construisant un cadre clair, robuste et partagé”.
L’IA, nouvelle alliée de la gouvernance de l’information
Loin d’être (pour l’heure) un pilier de la gouvernance de l’information, l’IA en est néanmoins une alliée puissante, comme l’ont souligné Caroline Buscal et Alexandre Bernard. En effet, la gouvernance de l'information reste pilotée par trois principes fondamentaux que l'IA vient impacter :
La fiabilité : face aux risques d'hallucinations de l'IA, il est indispensable de lui fournir un contexte précis (date, auteur, statut de validation du document) et de choisir scrupuleusement le corpus de données auquel elle a accès ;
La compétitivité : l’IA permet d'automatiser des tâches chronophages (indexation de métadonnées, génération de résumés, détection d'obsolescence), ce qui fait gagner du temps et de l'argent, mais les workflows doivent préalablement être définis par l’humain ;
La sécurité : pour éviter les fuites de données internes et externes, plusieurs niveaux de sécurité existent, de la rédaction d'une charte d'utilisation à l'installation d'une IA 100% interne ou l'utilisation d'une "surcouche" logicielle qui filtre les données envoyées aux IA publiques.
Sous oublier le rôle indispensable de l’humain, que l’IA ne remplace en aucun cas ; néanmoins, elle offre la possibilité de libérer du temps pour des tâches à plus forte valeur ajoutée, comme la sélection des sources, l'ajustement des requêtes (prompts) et l'évolution des référentiels métiers. L’idée n’est donc pas de chercher à utiliser l'IA à tout prix, mais bien de partir de ses données et de ses besoins en termes de gouvernance pour identifier les processus que cette technologie peut optimiser.


