Gouvernance de l'information : l'IA face au défi des vracs numériques
- Fabien Carré
- il y a 13 heures
- 3 min de lecture
Le traitement des vracs numériques constitue un jalon essentiel de la gouvernance de l’information, comme l’ont rappelé Caroline Buscal, Directrice de Serda Conseil, et Noureddine Lamriri, Product Strategy and Presales Director chez Everteam, à l’occasion de la table ronde “Le chaos des vracs numériques : l'IA au secours du nettoyage de masse” organisée le 11 juin 2026. Au-delà du partage de conseils permettant d’inverser la tendance, cette session a été l’occasion de présenter des chiffres-clés issus du dernier rapport Serda Conseil dédié à la gouvernance de l’information.
Le Groupe Serda - Archimag organisait le 11 juin dernier sa demi-journée consacrée à la gouvernance de l’information, qui a attiré près de 200 participants. En particulier, la session intitulée “Le chaos des vracs numériques : l'IA au secours du nettoyage de masse” a réuni Caroline Buscal et Noureddine Lamriri pour évoquer une problématique trop connue des organisations : l’éparpillement et la mauvaise gestion des données, empêchant de créer toute valeur ajoutée à partir des ces actifs numériques pourtant précieux.
En cause : le volume grandissant de documents à traiter, comme le démontre le dernier Rapport sur la Gouvernance de l’Information, des Datas et de l’IA, publié par Serda Conseil en mars 2026. Pour Caroline Buscal, l’heure n’est ainsi plus seulement à l’infobésité, mais bien à la submersion : 72 % des organisations se disent asphyxiées et ont le sentiment de se noyer sous des flux d'informations hybrides (internes et externes).
Des enjeux liés à l'accessibilité et à la sécurité
Face aux vracs numériques et à l’éparpillement des données au sein d’une multitude d’outils, la principale difficulté des professionnels concerne, sans surprise, la recherche d’information. À tel point que 89 % des participants au Rapport Serda Conseil réclament une simplification des accès, avec davantage de convergence et la réduction des silos de données.
Se pose également la question de la sécurité, préoccupation majeure des organisations en matière de gestion de contenus (selon une enquête Archimag de 2024). Avec le maintien des vracs, ce sont des centaines de téraoctets qui sont stockés passivement sans gouvernance, exposant les organisations à la négligence humaine et à de graves failles de conformité, notamment lors d'audits de sécurité comme la directive européenne NIS2. Dès lors, le nettoyage de ces espaces s’impose, non pas comme une “lubie d’archiviste”, mais bien comme un levier crucial pour réduire les risques et, in extenso, les coûts de stockage.
L’Intelligence Artificielle, meilleure alliée contre les vracs numériques ?
Face à l'impossibilité de faire nettoyer manuellement des millions de fichiers par les équipes, 46 % des professionnels voient l'IA comme un outil de travail essentiel. Pour Caroline Buscal, cette technologie, sous réserve qu’elle soit bien intégrée à des processus et des méthodologies, pourrait permettre d'inverser la tendance en facilitant :
La cartographie des fichiers ;
La classification sémantique ;
L'indexation automatique et le tri.
Un constat partagé par Noureddine Lamriri, qui met néanmoins en garde contre le recours à une IA générative, trop coûteuse et lente. A contrario, la meilleure alternative serait de combiner des règles rustiques, du Machine Learning (apprentissage automatique) et de l'IA générative pour classer et extraire les métadonnées des documents. Avec des résultats probants pour les organisations : en moyenne, l'analyse d'un vrac permet de détruire 30 % de fichiers inutiles (ROT), d'en archiver 25 %, et d'en conserver 45 % dans les espaces actifs, stabilisant ainsi les coûts de stockage.


